Une grande déception également pour les pharmaciens salariés

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Association professionnelle des pharmaciens salariés du Québec

 

Mardi 20 septembre 2016

 

Une grande déception également pour les pharmaciens salariés

 

Depuis son accession au poste de ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette fait preuve d’un acharnement sans mesure sur les pharmaciens communautaires. En juin 2015, les pharmaciens propriétaires ont accepté de contribuer à l’effort budgétaire du gouvernement en lui versant 400 millions de dollars sur une période de trois ans, et ce, à travers leurs honoraires actuels. N’ayant pas eu droit à une augmentation « remorque » ni à aucune autre forme d’augmentation qui tiendrait compte du taux d’inflation d’année en année, les pharmaciens ont dû verser de l’argent au gouvernement de Philippe Couillard. Afin de mettre en perspective l’ampleur de cet effort, si un montant proportionnel avait été demandé aux médecins, il s’agirait d’environ 2,5 milliards de dollars en honoraires pour des services déjà offerts qu’ils devraient retourner au gouvernement. Ainsi, les pharmaciens communautaires sont les seuls et uniques professionnels de la santé à avoir contribué directement à l’effort budgétaire. En guise de mesure compensatoire aux pharmaciens, le ministre s’était engagé dans une entente signée à déplafonner les allocations professionnelles pour une période de trois ans. Cette tactique, bien qu’elle soit discutable, avait pour objectif de compenser les pharmaciens pour leurs pertes en honoraires par l’entremise d’un financement par l’industrie des médicaments génériques, avec ce que les journalistes appellent les « ristournes ».

 

Entre octobre 2015 et mai 2016, les pharmaciens propriétaires ont versé près de 80 millions de dollars au gouvernement en honorant leur entente signée auprès de celui-ci. Or, de son côté, le gouvernement n’a pas honoré sa part du contrat.

Il n’est pas difficile de savoir qui a payé le prix de ce bris de contrat, ce sont les citoyens et contribuables québécois. Il s’agit, bien sûr, en premier lieu des pharmaciens propriétaires, des pharmaciens salariés, des assistants techniques en pharmacie, des quelque 45 000 personnes qui travaillent dans les pharmacies communautaires québécoises, mais aussi des patients qui ont vu les temps d’attente en pharmacie s’allonger, les heures d’ouverture diminuer et des barrières à l’accès aux nouveaux actes permis par les pharmaciens.

Vendredi dernier, l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) a annoncé l’échec des négociations faute de volonté de négocier de la part du gouvernement libéral. Nous en sommes particulièrement déçus. Après deux années difficiles, nous pensions que ces négociations permettraient à toutes les parties impliquées d’en sortir la tête haute. L’AQPP nous ayant invités aux réflexions entourant cette révision majeure du mode de rémunération, nous savons qu’ils ont fait leurs devoirs et que les propositions étaient sérieuses.

Nous avions l’espoir de voir l’abolition des allocations professionnelles et la mise en place d’un mode de rémunération basé moins sur la distribution et davantage sur les compétences. Le ministre de la Santé avait l’opportunité de mettre en place un modèle qui va exploiter le plein potentiel cognitif du pharmacien communautaire, au bénéfice des citoyens et du système de santé, avec une diversification des tâches associées à une rémunération juste et distincte de moyens de financements détournés. Cependant, nous n’avions pas compté sur le manque de volonté du ministre. Il semble davantage  déterminé à nuire aux pharmaciens communautaires, pour qui il montre un dédain assuré, qu’à améliorer l’accès au système de santé  pour les Québécois. Qui sortira gagnant de ce petit jeu malsain? Certainement pas  le contribuable québécois. À défaut d’avoir accès à un médecin, les québécois avaient toujours accès à un pharmacien. Peut-être est-ce encore trop au goût du ministre.

Pour ce qui est des 45 000 employés des pharmacies communautaires du Québec, ceux qui auront le privilège de garder leur emploi l’exerceront dans des milieux en état de crise. Et tout cela à cause d’un seul homme qui fait tout selon son bon vouloir…

 

Christophe Augé, pharmacien, président de l’APPSQ

Association professionnelle des pharmaciens salariés du Québec

 

L’association professionnelle des pharmaciens salariés du Québec (APPSQ) a pour but de rassembler tous les pharmaciens salariés québécois et promouvoir la profession de pharmacien, pour le meilleur intérêt de la profession et de ses membres. Cette association est la seule à représenter les pharmaciens qui travaillent en pharmacie communautaire et qui ne sont pas propriétaires. La province de Québec compte près de 9000 pharmaciens et plus de la moitié pratiquent principalement en tant que salariés en officine.

 

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