Rapport annuel de la RAMQ 2016-2017, qu’en est-il vraiment ?

Le rapport annuel de la RAMQ 2016-2017 a été déposé avant hier, voici les faits:

(Tableau extrait du Rapport annuel de la RAMQ 2016-2017)

En 9 ans les dépenses du programme "services médicaux" (rémunération des médecins) ont doublé passant de 3.8 à 7.7 milliards, les dépenses tous programmes confondus ont augmenté de 70 % (7.1 à 12.2 milliards).

 

 

Pour sa part, le programme "médicaments et services pharmaceutiques" a augmenté de 27 % (2.9 à 3.7 milliards) et cela malgré l’arrivée des médicaments dispendieux (biologiques, anti cancéreux, antiviraux : supposés produire des économies dans les autres programmes…), des nouveaux services en pharmacie (Loi41) et l’augmentation du nombre d’ordonnances de 70% sur la même période.

Si on regarde plus en détails (Tableau AM4 du site STATRAMQ) on voit clairement que le nombre d'ordonnance est en croissance soutenue alors que les cout totaux reste relativement stable, le cout par service est donc à la baisse.

 

 

Si on replace, selon toute logique, les montants obtenus via les ententes secrètes avec les compagnies pour inscriptions de leur produits à la liste (121 millions) sur le programme médicaments et services pharmaceutiques les augmentations, cette année encore, sont minimes.

 

En termes de budget du MSSS, la part consacré au programme "médicaments et services pharmaceutiques" progresse encore moins vite avec une augmentation de 20 % sur cette période (en 9 ans, rappelons le), ce qui en fait le poste budgétaire à la croissance la plus faible du ministère de la Santé… Il représente un pourcentage décroissant du budget du MSSS.

 

Le ministre a frappé durement la pharmacie communautaire, notamment en 2015, engendrant des pertes d’emplois, des diminutions des heures d’ouvertures et une augmentation marquée de la charge de travail. Il voulait récupérer de l’argent dans les pharmacies québécoises, pourtant un des seuls maillons du système de soins de première ligne réellement accessible et efficace. À la vue de ces chiffres, on est en droit de se demander si les décisions sont rationnelles dans une logique de gestion du Ministère de la Santé ou « populistes » dans le but d’obtenir du capital politique auprès de la population générale ?

 

2017-09-29T10:43:09+00:00
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