Pourquoi le gouvernement devrait investir dans les pharmacies plutôt que de couper ?

Comme expliqué dans un article précédent, le budget du ministère de la santé croit  sans cesse (5% par an en moyenne depuis 15 ans) pour atteindre, pour 2014-2015, 32,5 milliards (rappelons que 2,5 milliards de ce budget sont consacrés aux médicaments et services pharmaceutiques).

Devant cette hémorragie, on comprend que le ministre veuille couper dans les dépenses, et pourtant…

Avec le retard que nous avons au Québec, nous avons la « chance » de pouvoir nous baser sur ce qui se fait dans les autres pays et provinces. Selon les études sur le sujet, rémunérer le pharmacien pour des activités cliniques est rentable1,2,3. En Ontario, OPEN (http://www.open-pharmacy-research.ca/) est un regroupement qui travaille notamment à mettre en lumière les avantages des services pharmaceutiques.

Le pharmacien comme fournisseur de services cliniques est en excellente position pour plusieurs raisons. En premier lieu, sa formation initiale est déjà très étendue et les nouveaux actes nécessitent peu de formations complémentaires. Ensuite, le pharmacien est un intervenant de première ligne relativement facile d’accès et sur une plage horaire très étendue.

Il permet de limiter les temps d’attente, assurant les cas légers, il améliore l’accès des cas plus lourds aux services médicaux. Les revues de médications permettent de retirer les médicaments superflus ou sources d’effets secondaires. Les suivis de pathologies chroniques permettent d’améliorer l’atteinte des cibles, de réduire les hospitalisations et d’améliorer la qualité de vie etc…

La vaccination dans les pharmacies permet également d’augmenter la couverture vaccinale en allant chercher une partie de la population qui ne se faisait pas vacciner…

Bien sûr les différents pays et provinces ayant implanté ces actes les ont encadrés, par exemple pour les revues de médications, seuls les patients ayant certaines pathologies ou ayant un certain nombre de médicaments peuvent bénéficier du service.

Mais les conclusions sont qu’en moyenne, sur les programmes de services pharmaceutiques cliniques, chaque dollar investi génère 4$ d’économie.

Le Québec est très en retard sur les nouveaux actes, sommes-nous, les Québécois, trop riches pour ne pas avoir besoin de ces économies ?

 

1- Giberson S, Yoder S, Lee MP. Improving Patient and Health System Outcomes through Advanced Pharmacy Practice. A Report to the U.S. Surgeon General. Office of the Chief Pharmacist. U.S. Public Health Service. Dec 2011.[en ligne]  http://www.accp.com/docs/positions/misc/improving_patient_and_health_system_outcomes.pdf [consulté le 09 juin 2015]
2- Giberson S. Pharmacist Providers Can Save System $4 for Every $1 Spent [en ligne] http://www.medscape.com/viewarticle/760805 [consulté le 09 juin 2015]
3- Houle S, Grindrod K, Chatterley T, Tsuyuki RT. Paying pharmacists for patient care: A systematic review of remunerated pharmacy clinical care services. CPJ/RPC. 2014; 147(4): 209-32

Une réflexion sur “Pourquoi le gouvernement devrait investir dans les pharmacies plutôt que de couper ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *