Notre démocratie est malade…

J’ai pris le temps d’écouter l’intégralité des travaux parlementaires concernant le projet de loi 81 « Loi visant à réduire le coût de certains médicaments couverts par le régime général d’assurance médicaments en permettant le recours à une procédure d’appel d’offres ». Et certaines constatations sont importantes à partager, car simplement navrantes…

Le ministre a soumis un projet de loi simple : 3 articles, une page, où il s’octroie le droit de faire des appels d’offre pour l’achat et la distribution par les grossistes des médicaments.

Suivant le processus, la commission sur la santé et les services sociaux a fait ce que l’on appelle des auditions publiques. Sur 6 jours, 21 groupes ou personnes en lien avec le milieu pharmaceutique ou des experts de la question du prix des médicaments se sont présentés en commissions et ont rédigé des mémoires, avec tout le travail et le temps que cela représente à la fois pour ces groupes, pour les fonctionnaires et les parlementaires.

Lors de ces auditions, le ministre a voulu parler de tout, sauf d’appels d’offres. Ses questions étaient clairement orientées de façon beaucoup plus large pour comprendre le fonctionnement et les liens entre les différents acteurs « vous êtes ici pour nous informer » a-t-il répété…

Mais voilà, par la suite, lors de l’étude détaillée du projet de loi, cet intérêt pour la vision complète a totalement disparu. Le ministre a rejeté tous les amendements des partis d’oppositions sous deux prétextes principaux : pas de rapport direct avec des appels d’offres ou «  je les déterminerai plus tard dans les règlements ou les devis » (je veux un chèque en blanc).

Le système est malade parce qu’un homme seul décide des lois, il fait perdre le temps de tous pour ne retenir que son idée et refuse toute modification malgré la bonne volonté visible de ses collègues parlementaires, je profite pour féliciter M Lisée (Rosemont), M Paradis (Lévis) et M Khadir (Mercier).

En revanche, je tiens à dénoncer le comportement de M. Busque (Beauce-Sud), Mme Montpetit (Crémazie), et Mme Tremblay (Chauveau), Mme Simard (Charlevoix–Côte-de-Beaupré). Aucune intervention, aucun avis, ils se sont contentés de répéter les « contre » du ministre. Il est purement et simplement impossible qu’aucun d’entre vous n’ait considéré positivement ne serait-ce qu’une seule proposition d’amendement. Vous avez donc donné votre vote au ministre. Est-ce cela que l’on attend de nos parlementaires? Est-ce de cette façon que vous représentez vos concitoyens, les gens de vos circonscriptions ?  Est-ce pour ce petit mot répété une dizaine de fois en 3 jours que vous recevez une indemnisation payée à même les deniers publics ?

Pour moi ce comportement est un sacrifice de la démocratie au profit d’une oligarchie. Les Québécois vous ont délégué leur droit de vote, de quel droit le déléguez-vous à votre tour ?

Le dernier jour de l'analyse détaillée du projet de loi, le ministre compare le travail des parlementaires à du "théâtre d'été" on ne peut qu'être d'accord, et cela pour l'ensemble du processus...

Cette façon de procéder, copiée sur celle du gouvernement fédéral conservateur est à dénoncer. Si nos élus ne sont pas capables de faire leur travail de façon diligente lorsque leur parti est majoritaire nous devrions en tenir compte lors des prochaines élections…

Christophe Augé, Président de l'APPSQ

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