Commentaires sur les amendements proposées pour le PL92

Hier, le ministre de la Santé et des Services sociaux a déposé une série d’amendements au projet de loi n°92 : Loi visant à accroître les pouvoirs de la Régie de l’assurance maladie du Québec et modifiant diverses dispositions législatives.

Beaucoup de ces amendements sont très positifs et aideront très certainement à assainir les pratiques de l’industrie et permettront de punir plus sévèrement les quelques délinquants qui contaminent nos rangs et nuisent à notre image. Nous saluons donc le travail de la commission dans ce sens.

Toutefois, un des amendements a attiré plus particulièrement notre attention, celui sur la facturation en pharmacie communautaire. Le ministre « innove » une fois de plus pour les pharmaciens en exigeant qu’ils deviennent le premier commerce (au monde ?) à détailler leur coutant sur la facture. Nous comprenons le pourquoi, et surtout l’intérêt des assureurs privés, auquel le ministre fait ici un second cadeau après l’autorisation de baser leur remboursement sur les prix de la RAMQ (PL28). Nous rappelons au ministre que les honoraires plus élevés dans la partie privée du régime général sont intimement liés aux honoraires trop faibles de la partie publique… Malheureusement, il ne semble pas prêt à faire le réajustement des deux côtés de la balance.

Nous le voyons encore dans les journaux ce matin, les gens ne font pas la différence entre la marge commerciale et le profit… La marge, qui sera détaillée dans la facture contiendra en effet le profit, mais aussi les frais (locaux, masse salariale, systèmes informatiques, perte de produit, formations, électricité, etc.) cela signifie pour nous des centaines d’heures d’explications au comptoir des pharmacies au lieu de faire notre travail qui est, rappelons-le, fournir des soins pharmaceutiques aux patients…

Nous questionnons les intentions du ministre à l'égard des pharmaciens puisqu’aucun autre professionnel de la santé n'est visé par cette mesure de ventilation des factures, certains comme les médecins n’ayant même pas à fournir une facture…

Afin d’équilibrer la balance et « faire gagner des millions aux Québécois », comme le dit le ministre, nous lui suggérons d’étendre son principe aux autres professionnels, mais aussi aux fournisseurs d’assurances collectives et les obliger à ventiler sur leurs factures la portion versée en indemnité, la portion laissée à la charge de l’assuré et leur marge. Cela permettrait de diminuer un peu l’apparence de favoritisme du ministre envers les assureurs privés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *